11.10.2007

Human Rights Watch ouvre un bureau à Paris

Les Français en faveur d'une politique forte en matière de droits humains

Human Rights Watch ouvre un bureau à Paris
 
(Paris, le 9 octobre 2007) 87% des Français estiment que la France doit jouer un rôle plus important au sein de l'Union européenne pour défendre les droits humains dans le monde. C'est l'un des résultats du sondage, réalisé par Opinion Way, rendu public aujourd'hui par Human Rights Watch lors de la conférence de presse tenue à Sciences-Po Paris pour
annoncer le lancement de son nouveau bureau parisien. Ce sondage montre que l'opinion publique veut que la France accroisse son engagement en faveur des droits humains.
 
« L'un des outils les plus puissants que nous ayons pour défendre les droits humains, c'est notre capacité à persuader des gouvernements importants à utiliser leur influence au nom des victimes » a affirmé Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Nous voyons la France comme un allié important pour notre travail. La France est déjà connue pour être le berceau de la plupart des plus forts idéaux en matière de droits humains, et cherche depuis longtemps à diffuser ces idéaux dans le monde entier ».
 
Le directeur du bureau de Paris, Jean-Marie Fardeau, a indiqué que l'association allait inviter le gouvernement français à profiter de sa présidence de l'Union européenne en 2008, pour améliorer la protection des défenseurs des droits de l'Homme dans le monde, pour aider le Sénégal dans l'organisation du procès de l'ancien dictateur tchadien Hissene Habré, et pour mieux protéger les droits des populations les plus vulnérables en France, en particulier les migrants et les demandeurs d'asile.
 
Si le siège de Human Rights Watch se trouve à New York, l'association a aussi des bureaux à Berlin, Bruxelles, Genève, Londres et dans de nombreuses autres villes. Le nouveau bureau de Paris sera soutenu par le comité de soutien de Paris, présidé par Jean-Louis Servan-Schreiber, composé de personnes influentes déterminées à encourager le respect des droits humains (http://www.hrw.org/french/paris/).
 
« Par cette présence en France, nous espérons contribuer au soutien que la France apporte dans le domaine des droits humains, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient » a ajouté M. Roth. « Les informations détaillées que les chercheurs de Human Rights Watch rassemblent quotidiennement dans le monde peuvent aider à tirer la sonnette d'alarme lorsque une action est nécessaire et à rendre cette action efficace ».
 
Human Rights Watch , qui travaille dans plus de 70 pays pour dénoncer les violations des droits humains et faire évoluer les politiques, est très active pour attirer l'attention sur les abus commis au Soudan, ainsi qu'au Tchad et en Centrafrique, pays où sont basées des troupes françaises. M. Roth a aussi incité la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, à placer les problèmes de violences faites aux femmes à l'ordre du jour des Nations unies.
 
Les autres membres du comité de soutien de Human Rights Watch à Paris sont : Robert Badinter, Claude Bébéar, Tahar Ben Jelloun, Constance Borde, William Bourdon, Gérard Bremond, Marc de Lacharrière, David de Rothschild, Mercedes Erra, Françoise Gaspard, Costa Gavras, Patrick Le Lay, Jacques Manardo, Christopher Mesnooh, Christine Ockrent, Pascaline Servan-Schreiber, Abderrahmane Sissako, Catherine Zennström.

04.10.2007

Solidarité avec la révolution pacifique birmane

Des blogueurs dans le monde entier préparent une action pour supporter la révolution pacifique en Birmanie. Il s'agit d'exprimer sa solidarité avec tous les Birmans qui se révoltent sans armes contre la dictature. Les blogueurs sont invités à ne pas alimenter leur blog pendant la journée du 4 octobre, en ne publiant qu'un seul billet avec le texte Free Burma

03.10.2007

Birmanie et Union Européenne

L'UE veut renforcer les sanctions à l'encontre de la Birmanie
LEMONDE.FR avec AFP | 03.10.07 | 16h20  •  Mis à jour le 03.10.07 | 17h55

es vingt-sept pays européens sont tombés d'accord, mercredi 3 octobre, lors d'une réunion des ambassadeurs à Bruxelles, sur le principe d'un renforcement des sanctions contre la Birmanie, a indiqué la présidence portugaise.

Cette décision devrait être confirmée le 15 octobre par les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, qui se retrouveront à Luxembourg.
 
La nature des sanctions n'a pas encore été précisée, mais elles devraient s'ajouter aux mesures déjà en vigueur : interdiction d'entrée de trois cent soixante-quinze personnalités proches de la junte birmane, ainsi qu'interdiction aux entreprises européennes d'apporter des financements aux entreprises d'Etat. Ces listes devraient être rallongées et les relations commerciales des Européens avec la Birmanie devraient être restreintes (limitation des importations).


RESTRICTION DES RELATIONS COMMERCIALES

La présidence européenne a précisé que les mesures ne seraient prises que si elles n'ont "pas d'impact négatif" pour la population birmane. La semaine dernière, l'Union européenne avait néanmoins souligné que les sanctions auraient peu d'effets et que les principaux partenaires commerciaux de la Birmanie (Chine, Inde et pays de l'Ansea – Association des nations du Sud-Est asiatique) devaient faire pression sur le pays.

La compagnie pétrolière française Total, mise sur la sellette pour des investissements dans le sud de la Birmanie, n'a pas été évoquée lors de la réunion.

RÉPRESSION ET FUITES

Des dizaines de moines bouddhistes ont été aperçus, mercredi, dans les gares de Rangoun, rapporte la BBC. Les bonzes essaieraient ainsi de quitter la principale ville de Birmanie, où la junte continue de réprimer les opposants au régime. Ils se seraient rabattus sur les gares après que les chauffeurs de bus eurent refusé de les emmener, par crainte de ne pas être autorisés à se ravitailler en carburant.

Par ailleurs, Der Spiegel rapporte, mercredi, le témoignage d'un commandant de l'armée birmane de 43 ans, ayant fui le pays avec son fils. Cet officier confirme que les soldats ont reçu l'ordre de tirer sur les manifestants et les moines. Sur la radio suédoise SR, il a parlé de plusieurs centaines de morts. L'homme, qui semble être le premier militaire birman à fuir le pays, se trouve actuellement à Bangkok et voudrait obtenir l'asile politique en Norvège ou en Suède.

 


Une employée de l'ONU interpellée
Une employée locale de l'ONU et trois membres de sa famille ont été interpellés par la junte, mercredi 3 octobre, a annoncé Charles Petrie, représentant des Nations unies en Birmanie. La femme de 38 ans, son mari et deux autres membres de sa famille ont été emmenés par les forces de sécurité. Selon le haut responsable de l'ONU, "ils ont été interpellés à 4 heures du matin". La junte profite actuellement d'un couvre-feu nocturne pour arrêter des personnes à leur domicile. – (Avec Reuters.)

 

La timidité européenne en Birmanie s’appelle Total, par Alberto d’ Argento. Il manifesto, 28 septembre 2007. Bruxelles

L ’Europe, tout comme le reste du monde, a redécouvert la répression en Birmanie, vieille de 45 ans. Le problème est que l’Union Européenne, tout comme les Usa, continue à oublier que ses entreprises aussi contournent l’embargo imposé à ce pays.

Hier, à l’unanimité quasiment, le parlement européen a approuvé une résolution qui condamne l’action du gouvernement militaire de Rangoon et soutient avec force celle des manifestants. Strasbourg, lit-on dans le texte, « applaudit la courageuse action des moines birmans et des dizaines de milliers d’autres manifestants pacifiques contre le régime antidémocratique et répressif au pouvoir en Birmanie ».

Le texte, revu peu de temps avant le vote pour y inclure aussi les derniers événements, reprend « l’horreur de tuer des manifestants pacifiques, insiste pour que les forces de sécurité rentrent dans leurs casernes et demande que soit reconnue la légitimité des requêtes qui sont avancées, et qu’on relâche les manifestants emprisonnés et les autres prisonniers politiques ».

La Commission européenne et les 27 (pays membres de l’Ue, NdT) se rangent aussi aux côtés des moines et du peuple birman. Les ambassadeurs des gouvernements européens ont donné mandat hier matin à la présidence portugaise et aux groupes compétents pour étudier comment renforcer le système des sanctions déjà en vigueur depuis des années contre le régime militaire de Rangoon.

Les sanctions sont un point souligné aussi par le Parlement, mais c’est le point faible de l’Europe. Depuis Bruxelles et Strasbourg on souligne les trafics de la Chine et de l’Inde avec le régime, qui ont rendu inefficace l’embargo décennal, mais on oublie les hésitations et les hypocrisies made in Ue, et surtout made in France.

Selon la Fédération internationale des droits de l’homme, le groupe français Total, en coopération avec les étasuniens de Chevron Texaco, est le principal partenaire commercial de la junte militaire. L’entreprise française contribue pour 7% au budget du régime en échange de l’accord pour l’exploitation exclusive du gisement de gaz de Yadana, et du gazoduc qui transporte le gaz jusqu’en Thaïlande. C’est justement pour ce gazoduc que Total et Unocal, ensuite racheté par Chevron, ont fini en procès pour travail forcé : les adjudications étaient gérées par des entreprises de parents des généraux qui obligeaient la population à travailler en recourant à la force. Pour échapper aux accusations Total demanda en 2003 un rapport sur sa filiale birmane à un bureau de conseil au curieux nom de Bk Conseil.

Le travail, payé 25.000 euros, réussit à affirmer de façon claire et forte que les accusations d’esclavage étaient des « fantaisies ». Fantaisies qui cependant ont un prix, puisqu’en novembre 2005, Total se hâte d’indemniser huit Birmans et de financer une pseudo ONG, le tout en échange du retrait de la plainte. La chose la plus curieuse est que derrière Bk Conseil se cache (pourquoi se cache ? c’est de notoriété publique, NdT) Bernard Kouchner, l’actuel ministre des Affaires Etrangères en France, pays qui préside actuellement le Conseil de sécurité de l’ONU. Et ce n’est ainsi pas un hasard si Paris garde ces jours ci une position pour le moins ambiguë. Mercredi (le Président, NdT) Sarkozy avait lancé un appel aux entreprises françaises, et à Total en particulier, pour qu’elles évitent de nouveaux investissements en Birmanie.

Total refusait tout net : inutile d’en parler. Face à ce refus, c’est le gouvernement qui baissait le ton. Hier le Secrétaire d’état aux droits de l’homme Rama Yade a de fait adouci ce qu’avait dit son Président : « Le fait que Total soit présent en Birmanie n’a jamais empêché l’Ue de proposer et de rendre effectives ses sanctions ». De fait, ces sanctions n’ont jamais fonctionné, si bien qu’à présent les 27 (pays membres de l’Ue, NdT) pensent « les renforcer et les rendre plus efficaces ». Avant lui cependant était déjà intervenu Bernard Kouchner, en assurant que les activités de Total ne sont pas « contraires » aux mesures décrétées par l’Union européenne contre la Birmanie. Et dire que le gaz ne représente pas que la principale ressource pour le régime, mais aussi la base de son pouvoir. Un système d’oppression rodé avec la complicité économique de Total, Chevron Texaco, des Thaïlandais de Pttep, des malaisiens de Petronas, des japonais Nippon Oil tandis que la Chine et l’Inde s’intéressent aux réserves inexplorées sur lesquelles lorgnent aussi les coréens de Daewoo.

Alberto d’ Argenzio,

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 

http://mondepolitique.free.fr/spip.php?article38

 

 

TESTS ADN, SIGNEZ LA PETITION EN LIGNE

Pour signer :      http://www.touchepasamonadn.com/ 

Pétition contre les tests ADN :

En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.


Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.

23.09.2007

Bravo Angela !


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 BERLIN (AFP) - La chancelière allemande Angela Merkel a reçu dimanche à titre privé le dalaï lama, leader spirituel du bouddhisme tibétain, malgré les critiques émises auparavant par les autorités chinoises sur le principe de cette rencontre.

Mme Merkel a reçu le leader tibétain pendant un peu moins d'une heure pour un "entretien privé et informel" à la chancellerie à Berlin, a indiqué dans un communiqué, à l'issue de la rencontre, le porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm.

La chancelière "a rendu hommage au dalaï lama en tant que leader spirituel du bouddhisme tibétain et l'a assuré de son soutien pour ses efforts en vue de préserver l'identité culturelle du Tibet", a déclaré le porte-parole.

La chancelière, premier chef de gouvernement allemand à accorder un tel entretien au dalaï lama, l'a également assuré de son soutien "pour sa politique non violente visant à une autonomie religieuse et culturelle" de la province chinoise, a ajouté M. Wilhelm.

Lors de l'entretien, le dirigeant tibétain lui-même a "mis en évidence le caractère pacifique et non violent de son engagement, qui exclut explicitement de lutter pour que le Tibet acquière son indépendance de la République populaire de Chine", a insisté le porte-parole.

L'annonce préalable de cette rencontre avait suscité de vives critiques des autorités chinoises, opposées à tout contact entre le dalaï lama, qu'elles considèrent comme un séparatiste, et les Etats étrangers.

Le 14 septembre, après l'annonce de l'invitation adressée par Berlin au dalaï lama, la Chine avait convoqué l'ambassadeur d'Allemagne à Pékin pour lui faire part de sa désapprobation.

La Chine a aussi annulé, officiellement pour des "raisons techniques", une rencontre qui était prévue dimanche à Munich entre une délégation chinoise et la ministre allemande de la Justice Brigitte Zypries, a indiqué samedi le ministère à Berlin.

Vendredi, un porte-parole du gouvernement allemand avait indiqué considérer que cette rencontre avec Mme Merkel "n'affecterait pas le bon état des relations germano-chinoises", qui continueront de "se développer positivement à l'avenir".

"Le dalaï lama ne demande pas l'indépendance, mais a des revendications d'autonomie religieuse et culturelle. Le gouvernement soutient ces revendications", avait observé ce porte-parole, Thomas Steg.

Dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung de samedi, le dalaï lama a reproché à Pekin de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Allemagne, qualifiant cette attitude d'"arrogance du pouvoir".

"Ce que j'apprécie chez Mme Merkel, c'est son engagement ferme en faveur des droits de l'Homme et de la liberté religieuse ainsi que de l'environnement. C'est peut-être pour cela qu'elle veut me voir, malgré toutes les pressions de Pékin", a-t-il ajouté.